Canevas d'atelier · Kaizen Suru
Qu'est-ce que votre équipe ne confiera pas à l'IA, même quand la machine saura le faire ?
En août 2026, Bill Gates a proposé de classer certains métiers en « Human Reserved », réservés aux humains par choix plutôt que par incapacité de la machine. Il reconnaît laisser la question ouverte, sans dire qui trace cette frontière ni sur quel critère.
Chez vous, elle se trace déjà chaque semaine sans que personne l'écrive. L'un fait relire ses mails à l'IA, l'autre lui confie ses comptes rendus, un troisième préfère s'en passer. Ce canevas est un début de réponse à l'échelle où la décision se prend vraiment, celle de l'équipe. Remplissez-le ensemble, tâche par tâche, en une réunion.
Lisez l'article « Human Reserved, décider quels métiers restent humains », l'analyse de l'essai de Gates et du critère sur lequel tracer la frontière.
De mon travail avec des équipes autant que de l'essai que Bill Gates a publié le 26 août 2026. J'accompagne des équipes sur ce terrain depuis fin 2024. C'est en travaillant avec l'une d'elles sur cette question précise que j'ai construit ce canevas, puis que j'ai voulu en faire un début de réponse à Gates.
Gates propose dans cet essai de classer certains métiers en « Human Reserved », réservés aux humains par choix plutôt que par incapacité de la machine, comme on classe une réserve naturelle où l'on pourrait très bien construire. Il s'adresse aux États et aux régulateurs. Il écrit lui-même ne pas avoir les réponses, à commencer par celle de savoir qui décide et selon quels critères.
Ce canevas prend la question à l'échelle qu'il ne traite pas, celle d'une équipe, où la frontière bouge toutes les semaines sans que personne l'ait décidée. L'analyse complète de son essai est dans l'article « Human Reserved, décider quels métiers restent humains ».
Non, car qui suis-je pour apporter une réponse à Bill Gates sur un sujet aussi vaste et complexe. En effet, il pose une question de politique publique, celle de savoir si une société doit réserver des métiers entiers à des humains. Mon canevas déplace sa question, là où elle se tranche déjà tous les jours sans être formulée, dans une équipe et sur ses gestes de travail.
Le résultat n'engage que les gens qui l'ont écrit. Un début de réponse, donc, plutôt qu'une position.
Une page écrite ensemble qui dit ce que l'équipe confie à l'IA, ce qu'elle relit avant de le laisser sortir, ce qu'elle fait avec elle et ce qu'elle garde entre humains. Elle porte aussi les lignes rouges, ce qui se vérifie, ce qui se dit ouvertement et un essai en cours. Elle n'a de valeur que si le motif est écrit en face de chaque ligne.
Une charte descend, s'applique à tout le monde et traite surtout de conformité. Un accord d'équipe monte du terrain, ne vaut que pour les gens qui l'ont écrit et traite de la manière de travailler ensemble. Les deux se complètent. L'accord ne remplace aucune règle de sécurité, de données ou de conformité applicable à l'équipe.
La quatrième, celle des tâches que vous voulez continuer à faire vous-mêmes. Écrire lesquelles ne suffit pas, elle demande aussi d'écrire pourquoi.
Prenez l'annonce d'une mauvaise nouvelle à un client. Si vous la gardez parce que l'IA la rédige mal, votre décision tombera le jour où elle la rédigera bien. Si vous la gardez parce que cette nouvelle doit venir d'une personne, aucune version de l'outil n'y changera rien.
La distinction est celle de Gates, réservé par choix plutôt que par incapacité, ramenée à un geste de votre semaine. Sans le « parce que », personne ne saura dans six mois lequel des deux vous aviez en tête, si bien que la frontière se défait toute seule.
Comptez soixante-quinze minutes pour un premier état utilisable, avec un groupe de trois à neuf personnes qui travaillent réellement ensemble. Une version courte en quarante-cinq minutes tient si vous acceptez de ne traiter que l'échelle d'autonomie et l'essai.
Trois au minimum, parce qu'à deux un désaccord devient un duel plutôt qu'un sujet d'équipe. Neuf au maximum autour de la même table, la taille connue d'une équipe. Au-delà de huit personnes, les travaux sur l'effort collectif montrent que chacun en fournit mesurablement moins, pendant qu'une poignée de voix prend l'essentiel du temps de parole.
La bonne réponse reste l'équipe qui appliquera l'accord, ni plus ni moins. Si elle dépasse neuf, travaillez les zones sensibles en sous-groupes de quatre à six avant de consolider, puis comptez une centaine de minutes plutôt que soixante-quinze.
C'est le moment utile de la séance, pas un incident à éviter. Un désaccord sur une case révèle que deux personnes croyaient partager un critère sans l'avoir jamais formulé. Écrivez les deux positions dans la case plutôt que de trancher à la majorité, puis fixez la date où vous rouvrirez le sujet.
Prévoyez d'y passer du temps. Remplir les huit cases va vite, la valeur de la séance est ailleurs. Elle tient aux deux ou trois cases où l'équipe découvre qu'elle ne pensait pas la même chose. Ce sont celles-là qui méritent la moitié de la réunion.
Oui. Fixez-la avant de vous quitter, pendant que tout le monde est encore dans la pièce.
Un accord qu'on ne rouvre jamais continue de décrire une équipe qui a changé, des outils qui ont changé et des tâches qui ont changé. Personne ne le voit venir, parce que rien ne signale qu'un accord est devenu faux. Inscrivez la date dans la dernière case, avec le nom de la personne qui convoquera la revue.
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J'accompagne des équipes et des comités de direction sur cette conversation. L'inventaire des gestes, la formulation d'un critère qui tient, puis l'animation du désaccord qu'il fait apparaître. Parlons de votre contexte réel plutôt que d'un programme générique.
Accord d'équipe avec l'IA, créé par Alexis Leroy, kaizensuru.com. Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution 4.0 International. Vous pouvez l'utiliser, le copier, le modifier et le diffuser, y compris dans un cadre professionnel et commercial, à la seule condition de conserver la mention de son auteur et l'adresse du site.